Laits infantiles : la pharmacie résiste à la chute de la natalité
Chute de la natalité, crise sanitaire liée à la céréulide, concurrence accrue : le marché des laits infantiles traverse une période chahutée. Pourtant, avec 270 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’officine conserve une place clé sur ce rayon stratégique pour recruter les jeunes familles.
Avec 270 millions d’euros de chiffre d’affaires à fin 2025 sur douze mois, le marché des laits infantiles en pharmacie affiche une quasi-stabilité (+0,1 %)*. Un résultat qui peut surprendre au regard du contexte démographique.
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le nombre de naissances en France a reculé d’environ 20 % depuis 2010. En 2024, seuls 663 000 bébés sont nés, soit le niveau le plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale.
Malgré cette contraction structurelle du nombre de nourrissons, le circuit officinal parvient à maintenir ses positions sur un marché historiquement stratégique pour la pharmacie.
Un début d’année 2026 marqué par la crise de la céréulide
Le secteur a toutefois été secoué en ce début d’année par une crise sanitaire liée à la céréulide, une toxine pouvant provoquer diarrhées et vomissements. En France, trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations.
L’origine du problème a été rapidement identifiée : la présence de la toxine dans un ingrédient commun utilisé par plusieurs fabricants, l’acide arachidonique (ARA), un acide gras ajouté dans certaines formules pour se rapprocher de la composition du lait maternel.
Cette substance a été détectée dans certains lots de laits infantiles après des contrôles industriels. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays, une cascade de rappels similaires a suivi dans le monde, impliquant plusieurs industriels, dont Danone et Lactalis, mais aussi des acteurs plus modestes du secteur.
L’officine, un repère pour les jeunes parents
Dans ce contexte, le rôle de l’officine s’est révélé central. Les pharmaciens ont dû répondre aux inquiétudes des parents, gérer les retours de produits concernés et orienter vers des alternatives disponibles.
Cette séquence a rappelé l’importance du conseil officinal dans une catégorie où la confiance et la sécurité sanitaire sont déterminantes. Pour de nombreux parents, la pharmacie demeure un lieu privilégié pour obtenir des informations fiables.
Vers une montée en gamme des produits
Dans un contexte marqué à la fois par la baisse de la natalité et par les récents rappels de lots, les industriels anticipent une montée en gamme du marché. L’innovation se concentre désormais sur des laits spécialisés, des formules digestives ou enrichies, ainsi que sur les références biologiques, répondant aux attentes croissantes des parents en matière de qualité nutritionnelle et de naturalité.
Certaines marques tirent déjà leur épingle du jeu. Malgré son implication dans les rappels de lots, la marque Popote enregistre une progression de +1,6 point de parts de marché à fin décembre 2025 sur douze mois*. Elle s’impose progressivement comme un acteur à suivre sur le segment, aux côtés de Novalac, qui demeure l’un des poids lourds du marché avec 15,1 % de parts de marché et une croissance de +3,7 %*.
Un levier de fidélisation pour l’officine
La pharmacie représente aujourd’hui près d’un tiers du marché global des laits infantiles. Pour rester attractive, elle doit toutefois conjuguer conseil personnalisé et compétitivité prix, tout en valorisant davantage ce rayon en magasin. Cela passe notamment par une offre complète, bien identifiée et facilement compréhensible pour les parents.
Car au-delà du simple produit, le rayon lait infantile constitue un véritable levier de recrutement et de fidélisation. En recrutant un jeune parent, le pharmacien recrute en réalité toute une famille, ce qui contribue mécaniquement à augmenter la fréquentation et le panier moyen de l’officine. Et cette relation peut commencer dès l’entretien femme enceinte.
Dans ce paysage en mutation, l’officine conserve un atout majeur : sa légitimité santé et la qualité de son conseil, deux éléments clés pour accompagner les jeunes parents dans leurs choix alimentaires pour leur enfant.
* Données Offisanté, sell-out sur douze mois, du 1er mars 2025 au 28 février 2026.
