Le Comptoir des pharmacies : plateforme de déstockage et outil de pilotage
Lancé en 2016 pour aider les officines à gérer les tensions d’approvisionnement, les fluctuations de prix et les déséquilibres de stocks, Le Comptoir des Pharmacies élargit aujourd’hui son rôle. Au-delà du déstockage, la marketplace se positionne désormais comme un véritable outil de pilotage économique, permettant aux pharmaciens d’optimiser leurs achats et gagner en rentabilité.
Historiquement dédiée à la remobilisation d’invendus, Le Comptoir des Pharmacies est aujourd’hui une plateforme d’achat et d’optimisation des stocks, intégrant les données d’Offisanté et des outils analytiques pour évaluer les rotations de stock, repérer les meilleures ventes et identifier les produits qui stagnent. Sa nouvelle solution d’aide à la décision, Pharm’Aide, connectée au LGO et alimentée par l’IA, permet aux titulaires de mesurer les invendus, d’analyser les performances et de connaître précisément les niveaux de stock afin d’orienter ses achats au sein d’un catalogue de plus de 60 000 références disponibles sur la plateforme. « Plus de 900 pharmacies l’utilisent avec des résultats concrets : Jusqu’à 5% de marge supplémentaire. Jusqu’à 17 000€ en moyenne récupérés par an. », affirme Ivan Mittler, cofondateur et CEO du Comptoir des Pharmacies.
Dès juin, la société proposera des paniers d’achats auto-générés et personnalisés, basés sur les ventes et les besoins réels de la pharmacie, pour limiter les sur-stocks et améliorer la rentabilité. La performance d’une officine se joue désormais autant en amont, sur les achats, qu’au comptoir.
Un complément aux groupements
Pour Ivan Mittler, « la marketplace ne remplace pas les groupements, mais les complète. Les négociations commerciales avec les génériqueurs ou les grossistes restent centrales. Nous apportons aux titulaires des outils de pilotage et de flexibilité supplémentaires. » Des partenariats existent déjà avec certains réseaux, comme Giropharm.
Le déstockage, toujours stratégique
Aujourd’hui, les médicaments représentent environ 40 % des transactions réalisées sur Le Comptoir des pharmacies, contre 20 % pour les dispositifs médicaux, 20 % pour les bas de contention, 20 % pour la parapharmacie et 20 % pour les compléments alimentaires. Les médicaments onéreux ne pèsent que 5 à 7 % des volumes échangés, mais leur poids économique est bien supérieur. « Leur progression a d’ailleurs donné une nouvelle ampleur au déstockage, constate Ivan Mittler : déstocker un produit immobilisé à 10 000 €, même avec une décote, permet de limiter la perte, tandis que l’acheteur peut améliorer sa marge sur des références habituellement peu rémunératrices. » Les tensions d’approvisionnement peuvent aussi générer des pics d’activité. « Si la plateforme ne traite pas encore les vaccins — pour des contraintes de chaîne du froid —, la mauvaise répartition des doses lors de l’épisode grippal de janvier 2025 illustre le potentiel du modèle : avec 13 000 pharmacies connectées, la redistribution des stocks pourrait contribuer à un meilleur équilibre territorial ».
Une logique économique doublée d’un impact environnemental
La livraison est assurée par Chronopost via sa filiale santé, avec un délai global de 48 à 72 heures entre la commande et la réception, dont 24 heures maximum pour l’acheminement. Les échanges sont strictement contrôlés : aucun produit périmé n’est accepté et aucun article n’est vendu à moins de trois mois de sa date limite. Le modèle repose sur une commission de 6 % pour le vendeur et 3 % pour l’acheteur, avec un franco de port pour les commandes inférieures à 250 €.
Au-delà du gain financier, le dispositif revendique aussi un impact environnemental et social. En facilitant la revente des invendus, il limite la destruction de produits, notamment en parapharmacie. Pour les dons humanitaires, il s’appuie sur des partenaires spécialisés comme NoWastePharma, qui collectent et redistribuent les articles aux associations. Ces dons peuvent également ouvrir droit à des avantages fiscaux.
Face à la pression économique, piloter finement les stocks et optimiser les achats s’impose comme un levier essentiel pour protéger les marges et réduire les pertes en officine.
