PharmagoraPlus 2026 : deux innovations qui transforment concrètement le quotidien officinal

À l’occasion de l’édition 2026 de PharmagoraPlus, le village e-santé a une nouvelle fois illustré le dynamisme de l’innovation au service de l’officine. Parmi les vingt start-ups présentes, quinze ont pitché devant le jury pour tenter de décrocher le prix de l’innovation. À l’issue d’une compétition particulièrement serrée, deux solutions se sont distinguées par leur capacité à répondre à des enjeux très concrets du quotidien des pharmaciens.

Un standard vocal intelligent pour désengorger l’officine

Parmi elles, Nexum Pharma a remporté le prix de l’innovation de l’année grâce à son standard vocal intelligent. Cette solution apporte une réponse directe à une problématique bien connue : la gestion des appels entrants. Une officine reçoit en moyenne entre 50 et 120 appels par jour, dont près de la moitié concerne la disponibilité des médicaments.

L’outil repose sur une intelligence artificielle capable de comprendre le nom d’un produit, d’en analyser le dosage et de vérifier sa disponibilité en temps réel via une connexion au stock. En cas de rupture, une alternative peut être proposée automatiquement.

Au-delà de cette première fonction, la solution intègre un parcours complet : paiement à distance, transmission de l’ordonnance et réservation du traitement pendant 48 heures. Objectif : sécuriser la délivrance tout en fluidifiant le parcours patient et l’organisation de l’équipe. Facile à déployer — en 48 heures — l’outil est proposé à partir de 150 euros par mois, sans engagement. Un levier concret pour libérer du temps officinal et améliorer la qualité de service, avec une disponibilité 24h/24.

Dépistage du mélanome : la prévention gagne du terrain à l’officine

Le jury a également attribué un prix coup de cœur à Huvy, pour sa solution d’intelligence artificielle dédiée au dépistage du risque de mélanome en officine. Face à un double constat — une augmentation du nombre de mélanomes et une diminution du nombre de dermatologues — l’ambition de Huvy est claire : faire de la pharmacie une porte d’entrée supplémentaire dans le parcours de dépistage.

Concrètement, le pharmacien analyse une lésion cutanée à partir d’une photo réalisée avec un dermatoscope compatible CE. L’algorithme évalue ensuite le niveau de risque selon un code couleur simple : vert (absence d’anomalie dans la majorité des cas), orange (surveillance et consultation recommandée) ou rouge (orientation rapide vers un spécialiste).

Chaque dépistage génère un dossier patient, facilitant le suivi. En cas de suspicion, un courrier est automatiquement adressé au médecin traitant. La solution s’appuie sur quatre études cliniques menées en CHU, avec une sensibilité annoncée de 100 %.

Son déploiement inclut une formation certifiante, composée de modules courts conçus avec des dermatologues. L’accès à la plateforme est conditionné à sa validation. Son modèle économique repose sur un abonnement mensuel, adapté à la taille de l’officine : une première offre à 50 euros, une seconde à 90 euros avec un nombre de dépistages limité, et une formule illimitée à 150 euros par mois.

« Ce service n’est pas remboursé par l’Assurance maladie, mais nous recommandons aux pharmaciens de le facturer environ 20 euros. De nombreuses mutuelles proposent aujourd’hui des forfaits de prévention cancer dans lesquels le dépistage Huvy peut être pris en charge », précise Olivier Fontaine, un des co-fondateurs.

Grâce à l’IA, l’officine de demain est déjà là — fluide, connectée, préventive.